je suis heureuse de touver un endroit ou il y a un de ses textes j'en ajoute car c'est l'un de mes poetes preferé!!
Les étrennes des orphelins
1
La chambre est pleine d'ombres; on entend vaguement
De deux enfants le triste et doux chuchotement.
Leur front se penche, encore, alourdi par le reve,
Sous le long rideau blanc qui tremble et se souleve
_au dehors les oiseaux se rapprochent frileux
Leur aile s'engourdit sous le ton gris des cieux
Et la nouvelle Année a la suite brumeuse
Laissant trainer les plis de sa robe neigeuse
Sourit avec des pleurs et chante en grelotant
2
Or les petits enfants, sous le rideau flottant
Parlent bas, comme on le fait dans une nuit obscure
Ils ecoutent pensifs, comme un lointain murmure
Ils tressaillent souvent a la claire voix d'or
Du timbre matinal qui frappe et frappe encore
Son refrain metallique en son globe de verre
_Puis , la chambre est glacée....on voit trainer a terre
Epars autour des lits des vetements de deuil
L'apres bise d'hiver qui se lamente au seuil
Souffle dans le logis son haleine morose
On sent dans tout cela qu'il manque quelques chose
_il n'est donc point de mere a ces petits enfants
De mere au frais sourire au regard triomphant
Elle a donc oublié le soir seule et penchée
D'exciter une flamme a le cendre arrachée
D'amonceler sur eux la laine et l'edredon
Avant de les quitter en leur criant pardon
Elle n'a point prevu la froideur matinale
Ni bien fermé le seuil a la bise hivernale?
_Le reve maternel c'est le tiede tapis
C'est le nid cotoneux ou les enfants tapis
Comme de beaux oiseaux que balancent les branches
Dorment leur doux sommeil plein de vision blanches
_et la c'est comme un nid sans plumes sans chaleur
Ou les petits ont froids ne dorment pas ont peur
Un nid que doit avoir glacé la bise amere
3
Votre coeur l'a compris ces enfants sont sans mere
Plus de mere au logis et le pere est bien loin
Une vieille servante alors en a pris soin
Les petits sont tous seul en la maison glacée
Orphelins de quatre ans voila q'en leur pensée
s'eveille par degres un souvenir riant
C'est comme un chapelet qu'on egraine en priant
_a quel beau matin que ce matin des etrennes
Chacun pendant la nuit avait reve des siennes
Dans quelques songes etranges ou l'on voyait joujoux
Bonbons habillés d'or etincellants bijoux
Tourbillonner dnser une danse sonore
Pour fuir sous le rideau et reparaitre encore
On s'eveillait matin on se levait joyeux
La levre affriandée en se frottant les yeux
on allait les cheveux emmelés sur la tete
les yeux tout rayonnants comme un grand jour de fete
et les pieds nus effeleurant le plancher
Aux portes des parents tout doucement toucher
On entrait puis alors les souhaits en chemise...
Les baisers repetés et la gaité permise
4
Ah c'etait si charmant ces mots dit tant de fois
Mais comme il est changé le logis d'autrefois
Un grand feu petillait clair dans la cheminée
Toute la vieille chambre etait illumnée
Et les reflets vermeils sortis du grand foyer
Sur les meubles vernis aimaient a tournoyer
L'armoire etait sans clefs sans clefs la grande armoire
On regardait souvent sa porte brune et noire
Sans clefs c'etait etrange on revait bien des fois
Aux mysteres dormant entre ses flancs de bois
Et l'on croyait ouir au fond de la serrure
Beante , un bruit lointain vague et joyeux murmures
La chambre des parents est bien vide aujourd'hui
Aucun reflet vermeil sous la porte n'a luit
Il n'est point de parents de foyer de clefs prise
Partant point de baisers points de douces surprises
Oh que le jour de l'an sera triste pour eux
Et tout pensif alors que de leurs grands yeux bleux
Silencieusement tombe une larme amere
Ils murmurent " quand donc reviendra notre mere"
5
Maintenant les petits dorment tristement
Vous diriez a les voir qu'ils pleurent en dormant
Tant leurs yeux sont gonflés et leur souffles penibles
Les touts petits enfants ont le coeur si sensible!!
Mais l'ange des berceaux vient essuyer leurs yeux
Et dans ce lourd sommeil met un reve joyeux
Un reve si joyeux que leurs levres mi-closes
Souriantes semblaient murmurer quelque chose
Ils revent que penchés sur leurs petits bras ronds
doux gestes du reveil ils avancent le front
Et leur vague regard autour d'eux se pose
Ils se croient endormis dans un paradis rose
Au foyer plein d'eclair chante gaiement le feu
Par la fenetre on voit la bas un beau ciel bleu
La nature s'eveille et de rayon s'enivre
La terre demie nue heureuse de revivre
a des frissons de joies aux baisers du soleil
et dans le vieux logis tout est tiede et vermeil
Les sombres vetements ne jonchent plus la terre
La bise sur le seuil a fini par se taire
On dirait qu'une fée a passé dans cela
Les enfants tout joyeux ont jeté deux cris la
Pres du lit maternel sous un beau rayon rose
La sur le grand tapis resplendit quelquechose
Ce sont des medaillons argentés noirs et blancs
De la nacre et du jais aux reflets scintillants
Des petits cadres noirs des couronnes de verre
Ayant trois mots gravés " A NOTRE MERE"
_________________
Carpe Diem